Jour 7 : Goma

1-1Hélas, notre ascension du volcan Nyiragongo prévue pour aujourd’hui a dû être annulée. La déception est grande – des relevés GPS devaient être pris au sommet du volcan -, mais des événements imprévisibles comme celui-ci font parfois partie de nos missions !

Mais nous sommes restés actifs. Nicolas d’Oreye s’est rendu à l’Observatoire volcanologique de Goma afin de configurer avec des collègues de l’OVG quatre sismomètres. Ces instruments pourront être déployés autour des volcans dans un futur proche.

Matthieu Kervyn et Damien Delvaux ont fait une excursion sur le terrain afin d’étudier des cônes volcaniques, témoins de l’activité volcanique ancienne dans cette zone.

François Kervyn et Caroline Michellier ont quant à eux organisé une réunion avec de jeunes assistants de l’Université de Goma, afin d’envisager des collaborations futures.

 

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Jour 7 : Goma

Matthieu Kervyn – géographe physique

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Afin de vous familiariser avec les différents membres de la mission, nous avons décidé de nous présenter chacun notre tour et d’expliquer notre rôle dans le projet GeoRisCA. Cette fois-ci, c’est au tour de Matthieu Kervyn, géographe physique à la Vrije Universiteit Brussel.

mat-1« Je me suis focalisé sur les volcans du Nord-Kivu, et plus particulièrement sur les volcans Nyamulagira et Nyiragongo. Le Nyamulagira est l’un des volcans les plus actifs d’Afrique. Les éruptions du Nyiragongo sont moins fréquentes, mais beaucoup plus dangereuses pour la population. En effet, ce volcan (qui abrite le plus grand lac de lave au monde) est situé directement au nord de Goma, ville de 800.000 habitants. Lors de la dernière éruption du Nyiragongo, les coulées de lave ont traversé Goma, causant des dizaines de victimes et des milliers de déplacés. »

« Dans le cadre de GeoRisCA, nous avons déterminé les sites probables d’éruption future, et nous avons développé des modèles de probabilité de coulées de lave. Sur base de ces modèles, nous avons réalisé des cartes de susceptibilité de coulées de lave, qui montrent avec une assez grande précision les trajectoires probables de la lave en cas d’éruption. »

« Grâce aux observations de terrain sur les collines autour de la ville de Goma, nous avons découvert que certaines éruptions peuvent être très explosives, lorsque le magma rencontre de l’eau à faible profondeur. Bien que rares, ces éruptions explosives représenteraient un défi pour la gestion du risque au sein d’une ville aussi peuplée que Goma. »

Matthieu Kervyn – géographe physique

Jour 6 : restitution à Goma

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Journée importante aujourd’hui, puisque avait lieu la présentation générale à Goma. Près de 80 personnes étaient présentes afin d’assister à cette présentation. Les autorités provinciales, la Protection civile, l’Observatoire volcanologique de Goma, l’Institut national de Statistique, Médecins sans frontières, la presse, … tous ont répondu présent à l’invitation.

Comme on pouvait s’y attendre, l’intérêt pour le risque volcanique était particulièrement grand (Goma est directement sous la menace du volcan Nyiragongo) et de nombreuses questions ont été posées à ce sujet.

L’après-midi se déroulait une présentation plus détaillée et technique. Lors de cette présentation destinée à des scientifiques, de nombreuses questions ont été posées sur les cartes de susceptibilité de coulées de lave du volcan Nyiragongo, mais surtout sur la méthode qu’a utilisée Caroline Michellier lors de ses enquêtes démographiques à Goma.

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Jour 6 : restitution à Goma

Jour 5 : destination Goma !

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Aujourd’hui nous avons pris un bateau afin d’aller de Bukavu à Goma, traversant ainsi le lac Kivu. Cette traversée de 100 km prend à peu près trois heures.

En se rapprochant de Goma, on aperçoit le Nyiragongo, un des volcans les plus dangereux au monde, qui surplombe la ville. Ce volcan fait l’objet de tout un volet du projet GeoRisCA et nous monterons à son sommet ce samedi !

Une fois arrivé à Goma, Caroline Michellier s’est rendue à l’Institut national de Statistique pour y présenter ses résultats tandis que le reste de l’équipe est allée à l’Observatoire volcanologique de Goma, où Matthieu Kervyn a présenté un modèle de prédiction de coulées de lave…

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Jour 5 : destination Goma !

Olivier Dewitte – géomorphologue

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Afin de vous familiariser avec les différents membres de la mission, nous avons décidé de nous présenter chacun notre tour et d’expliquer notre rôle dans le projet GeoRisCA. Cette fois-ci c’est au tour d’Olivier Dewitte, géomorphologue au Musée royal de l’Afrique centrale.

olivier« Après une analyse globale de la région, je me suis concentré sur les glissements de terrain à Bukavu (RD Congo) et à Bujumbura (Burundi). En effet, ces villes sont parmi les zones les plus sensibles, et en raison des fortes populations en présence, il existe une demande importante d’analyse et de cartographie des risques. »

« À Bujumbura, le danger réside dans le fait que les glissements de terrain peuvent causer des barrages qui, lors de leur rupture soudaine, génèrent des inondations-éclairs dévastatrices (causant parfois des dizaines de victimes). »

« À Bukavu, en combinant des photos aériennes des archives du musée à des données satellitaires modernes, nous avons recréé l’historique des glissements de terrain de ces 60 dernières années. Sur base de ces données, nous avons créé des cartes qui permettent de prédire les glissements. »

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Olivier Dewitte – géomorphologue

JOUR 4 : DERNIER JOUR À BUKAVU

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Après les présentations officielles d’hier, nous avons consacré la matinée d’aujourd’hui à un « séminaire technique ». Celui-ci permettait de travailler de manière interactive avec les utilisateurs des outils créés durant le projet GeoRisCA.

Ce séminaire se déroulait à l’Université officielle de Bukavu (UOB), mais réunissait des scientifiques de plusieurs institutions (UOB, Centre de Recherche en Sciences naturelles de Lwiro, Institut supérieur pédagogique de Bukavu, etc.).

L’après-midi, nous avons effectué une visite de terrain, dans la commune de Bagira de Bukavu, pour y observer certains glissements de terrain. Ces glissements sont parfois très impressionnants…

JOUR 4 : DERNIER JOUR À BUKAVU

François Kervyn – coordinateur du projet

photo_f-kervynAfin de vous familiariser avec les différents membres de la mission, nous avons décidé de nous présenter chacun notre tour et d’expliquer notre rôle dans le projet GeoRisCA. Le premier à se mettre à l’exercice est François Kervyn, géologue au Musée royal de l’Afrique centrale et coordinateur du projet GeoRisCA.

« J’ai commencé à travailler dans la région en tant que chercheur. J’effectuais du travail de terrain sur les volcans de la région, j’installais des instruments, etc. Puis, de 2005 à 2007, j’ai vécu à Goma où je travaillais pour un projet de l’Union européenne. Ce séjour m’a permis de bien mieux comprendre la situation réelle sur place. Cela a joué un rôle lorsque nous avons lancé le projet GeoRisCA, puisque nous tenons désormais fortement compte des facteurs sociétaux. »

« C’est la première fois que je coordonne un projet d’une telle ampleur, et cela s’accompagne de plusieurs responsabilités. Tout d’abord, nous devons respecter les engagements administratifs (budget, délais, etc.). Mais surtout, j’accorde beaucoup d’importance à l’image que nous donnons lorsque nous allons sur le terrain : l’image de l’Européen, du scientifique, du Musée de Tervuren, etc. Nous créons des attentes auprès de nos partenaires et c’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui, afin de répondre à ces attentes et de remettre à nos partenaires et aux autorités tous les résultats acquis au cours de ces quatre dernières années. »

« Un des résultats importants du projet est aussi que nous avons créé tout un réseau avec les institutions publiques locales, réseau Nord-Sud, mais aussi Sud-Sud. »

François Kervyn – coordinateur du projet